Quid des stars universitaires 2013 ?

 

 

Nous sommes en plein dans la folie de Mars, le mois où se font et se défont les réputations des stars universitaires en préambule de la prochaine draft ! Si cet article ne vous a pas aidé à remplir votre « bracket », il pourrait cependant vous intéresser pour plusieurs raisons. Parmi elles, un point sur ce que sont devenues les stars de la March Madness 2013 et plus globalement celles qui avaient brillé lors de la dernière saison universitaire. 

Tous ne finissent pas comme Michael Jordan ou Joakim Noah, star en Université, star en NBA. Oh que non ! Les parcours les plus brillants en université ne résistent parfois pas aux exigences du monde professionnel que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe.

Parcourons donc le destin, un an après, de ceux qui ont agité la dernière folie du mois de Mars. Stars ou Benchers en NBA, bons joueurs européens, abonnés de la NBDL… certains « destins » vont vous étonner !

Toujours en NCAA

Déjà brillants l’an dernier, ils ont choisi ou été priés de patienter avant de faire le grand saut en NBA, ce qu’ils espèrent tous, ou ailleurs. Pour la seconde option, ils en rêvent moins voire pas du tout… un peu comme Pierre Jackson dont on ne parlera pas dans ce papier. C’est l’occasion de voir ceux qui brillent toujours en NCAA et qui, pour la plupart, ont donné envie de « tanker » à nos amis dirigeants NBA.

C.J. FAIR (Syracuse)  

headshot_1_Fair15 points de moyenne à 29/63 (46%) et 6 rebonds pour l’ailier fort de Syracuse lors de la March Madness 2013, stats qui lui ont permis d’emmener les Oranges men au Final Four. Brillant contre Michigan il avait été trop seul pour empêcher les Wolverines d’aller en final. Cette saison, le natif de Baltimore, tourne à 17 points et 6 rebonds dans une équipe qui n’a connu que 4 défaites pour 27 victoires à l’heure où nous écrivons ce papier.

Prédiction : Drafté ou pas (il est dans les « mocks draft » un 2e tour potentiel), on prévoit le « bench » en NBA s’il parvient à s’extraire des Summer Camps, mais on ne demande qu’à se tromper !

Aaron CRAFT (Ohio State)

L’intello de la bande est toujours à Ohio State. Pas forcément de progression dans les stats pour ce meneur qui joue dur, défend bien et semble doté d’un QI basket très impressionnant. Ohio State avait perdu aux portes du Final Four face à la surprise Wichita State. Avec 11 points et 5 passes il avait cependant raté son match contre Wichita.

Prédiction : Annoncé au 2e tour, on se dit qu’il a ce qu’il faut pour exister dans la grande ligue. Quoi qu’il arrive, si ce n’est pas le cas il a tout pour devenir un meneur dominant en Europe, niveau Euroleague !

Mike MOSER (Las Vegas puis Oregon)

Mike MoserDire que Mike Moser m’a tapé dans l’œil pendant la March Madness serait faux, c’est surtout pendant la saison régulière que j’ai apprécié cet intérieur bondissant qui n’était « que » à 7 points et 6 rebonds après une 2e année universitaire pourtant convaincante (14 points et 10 rebonds). Sorti dès le 1er tour par California, il n’avait pas forcément brillé (5 point et 9 rebonds). Passé par UCLA (une saison) puis UNLV (deux saisons) il était annoncé comme un probable 1er tour de Draft en 2013 avant de se blesser. Cette année il finira son cursus universitaire chez les Ducks d’Oregon et affiche 13 points, 8 rebonds, 2 passes et 1 contre de moyenne.

Prédiction : Intérieur de 2m03, il a le profil pour être dominant en Europe ! Pourvu que les coachs de Pro A ne restent pas si frileux et puisse miser sur ce prospect qui a disparu des radars des Mocks Draft.

Marshall HENDERSON (Olé Miss)

Il m’a rendu fou pendant la March Madness ! Un vrai talent offensif, s’il avait été un footballeur, il aurait été avant-centre. Chopé positif à la marijuana puis arrêté de nouveau  en possession de drogue au Nouveau-Mexique, sa côte aux USA est descendue. Il est à 20 points de moyenne oui, mais à 37% aux tirs ! Il prend en moyenne 12 tirs à 3 points par match (Russell Westbrook sort de ce corps !). Lui qui avait misé sur la March Madness 2013 pour faire monter la hype autour de lui et s’offrir une place sur le banc d’une équipe NBA, son élimination au 3e tour contre Lasalle l’a contraint à rester une saison de plus pour un bilan mitigé sur le plan collectif (19-14).

Prédiction : Très peu de chances de le voir en NBA. Il devrait rebondir en Europe mais on sait qu’il existe 0% de chance de le voir en Pro A l’an prochain. Un arrière avec un pourcentage si faible, déjà que nos entraineurs hexagonaux n’aiment pas trop les rookies, alors ce type de profil…

Nnanna EGWU (Illinois) 

Nnanna EgwuJe l’avais découvert et apprécié contre Miami au 3e tour de la MM2013. 12 points et 12 rebonds pour ce bon gros nounours. Il n’a pas d’énormes stats dans la fac de Trenton Meacham (Nanterre) et de Deron Williams mais cumule néanmoins 7 points, 6 rebonds et… 2 contres de moyenne !

Prédiction : Annoncé comme le 25e pivot de cette Draft 2014 il serait surprenant que le nigérian parvienne à s’y glisser. L’Europe va lui ouvrir grand les bras.

Doug McDERMOTT (Creighton)

Doug Mc DermottIl vient de rentrer dans le TOP10 des meilleurs marqueurs universitaires, rien que ça. Il n’a pas vraiment le profil d’un joueur NBA mais comme pour Adam Morrison ou Keith Van Horn, on le sait, les prospects blancs bénéficient toujours d’une hype supplémentaire. Alors ? Futur Larry Bird ou futur Keith Van Horn ? On le compare aux deux en ce moment aux USA où il vient de faire la « Une » de Sport Illustrated. Un pur scoreur qui sera drafté de manière assurée mais…pour y faire quoi ?

Prédiction : Même les experts NBA ne sont pas d’accords là dessus, alors on se gardera bien d’avoir un avis tranché. Disons qu’honnêtement, on a plus l’impression d’avoir le nouveau Jimmer Fredette plutôt que le HOF Larry Bird.

 

Non-draftés, ils ont atterri en Europe… avant de se retrouver en NBDL

Dexter STRICKLAND (North Carolina)

dexterstricklandOK ! Je vous l’accorde Strickland n’est pas le joueur qui m’a le plus impressionné lors de la dernière MM. OK je ne le voyais pas en NBA mais sérieusement… à Boulogne sur Mer ? En Pro B ? Et tout ça pour finir à 4 points, 1 rebond et 1 passe pour 4 d’évaluation en 14 minutes. Et pourtant ! Pour sa 3e saison il aligne 8 points, 4 passes et 2 rebonds et semble tailler pour faire une bonne carrière en Europe. Aujourd’hui il joue pour les Idaho Stampede (6pts en 15mn) et risque fort d’atterrir de nouveaux dans un championnat mineur européen.

Prédiction : Il revient en Europe dans un championnat genre République Tchèque ou Finlande. Il fait des grosses stats et finit dans un bon championnat européen d’ici deux ou trois saisons. On parie ?

Sherwood BROWN (Florida Gulf)

La surprise de la MARCH MADNESS a intéressé du monde en Europe après avoir amené Florida Gulf en Elite Eight malgré un statut « #15 seed ». Il a finalement atterri au Maccabi Haïfa suite à un caprice de son président mais ne faisait pas partie des plans du coach. Il a été rapidement coupé avant même le début de la saison et il joue maintenant en D-League dans le Maine (6pts à 60% et 3 rbd). Décevant ! En NCAA, il tournait à 15 points et 6 rebonds en saison régulière.

Prédiction : Il s’offre un meilleur « conseil » et accepte enfin les offres de clubs qui vont lui offrir une bonne situation et une bonne exposition en Europe pour confirmer qu’il a du talent et s’affirmer, pourquoi pas, dans une bonne équipe d’un des championnats majeurs européens.

Kenny KADJI (Miami)

Kenny Kadji6 points et 5 rebonds pendant une March Madness finalement décevante (7 points et 4 rebonds en saison régulière) tant Miami paraissait armé pour aller plus loin (ils ont perdu au Elite Eight contre Marquette). Ce n’était pas forcément la meilleure pub possible pour ce camerounais francophone mesurant 2m08 pour 110kg. Intérieur au profil défensif, il n’a pas été drafté mais voulait absolument jouer dans la grande ligue. Il a refusé des offres en Europe pour faire une bonne Summer League avec les Cavs, puis se retrouve sur le carreau en décembre sans avoir joué un seul match officiel. Il va atterrir aux NY Phantoms (Allemagne) pour 5 petits matchs et 6 points / 4 rebonds avant de signer en NBDL au Rio Grande Vipers (8 points et 4 rebonds en 15mn). Quand on voit la raquette de la Chorale de Roanne… on se demande s’il faudrait pas envoyer son numéro à quelques coachs français. A noter qu’il est passé par les Espoirs de Pau !

Prédiction : Il a absolument tout pour réussir en Europe et on espère que les scouts français (oui on sait, il n’y en a pas !) ont un œil sur lui. Quoi ? On peut toujours rêver !

 

Ils ont atterri en Europe

Colton IVERSON (Colorado State)

Colton IversonDrafté au second tour par les Celtics, il joue maintenant au Besiktas Istanbul pour 7 points et 5 rebonds en 17 minutes en championnat. Il culmine à 9 points (58%) et 6 rebonds en Eurocup. Il est parti avec la bénédiction de Brad Stevens, le coach des Celtics, pour s’aguerrir au contact des raquettes rugueuses d’Europe. Ce pivot de 2m08 avait perdu assez logiquement au 3e tour contre Louisville mais avait fait ce qu’il avait pu, 9 points à 3/5, 7 rebonds, 2 passes et 2 contres. C’est un intérieur besogneux qui ne sera jamais un grand scoreur mais qui est une vraie arme de dissuasion.

Prédiction : Retour en NBA l’an prochain pour servir de « viande » à l’entrainement, de défouloir pour Sullinger et Olynik ou d’usine à fautes dans une équipe des Celtics en reconstruction.

Trévor MBAKWE (Minnesota)

Trevor MbwakeVoilà un joueur qui m’avait impressionné physiquement. Pas un produit fini mais un monstre d’intensité qui avec 10 points et 9 rebonds n’avait pas intéressé grand monde à la Draft. C’est lors du « second round » face à UCLA que l’américain d’origine nigériane avait frappé un grand coup avec 9 points mais surtout 12 rebonds, il avait régné sur les raquettes. Aujourd’hui à la Virtus Roma il est à 9 points et 10 rebonds ! En Eurocup ? 8 points et 9 rebonds ! Voilà un joueur régulier et qui n’a aucunement souffert du passage chez les pros.

Prédiction : Intérieur dominant en Europe d’ici 2/3 saisons. Rien de moins.

Julian GAMBLE (Florida)

Julian GambleExcusez nous d’avance pour les fans de St Vallier, mais comment ce type peut se retrouver en Pro B ? Les types ne regardent pas la NCAA ? OK les entraineurs français sont frileux mais… à ce point ? 2m06, 120kg et du talent plein les mains qui lui permet d’ailleurs de dominer en Pro B avec 17 points, 9 rebonds et 20 d’éval. L’ex-Gator méritait mieux (vraiment !) avec 6 points, 5 rebonds et 2 contres pour sa 3e saison universitaire, cet intérieur avait la réputation d’être surtout un excellent défenseur. Il prouve maintenant qu’il peut imposer son gros popotin des deux cotés du terrain. Il a sans doute payé sa March Madness un peu fade (4 points à 62% et 4 rebonds) surtout du aux solistes qui l’entouraient.

Prédiction : Il paiera la saison prochaine les efforts qu’il fait actuellement sur le terrain en Pro B. On espèrera qu’il trouvera une raquette en Pro A et on doute sincèrement qu’il ne puisse pas botter les fesses d’une bonne moitié des pivots actuels de la plus haute division LNB.

Brandon PAUL (Illinois).

D’après nos sources, il a failli atterrir en Pro A mais a opté pour une meilleure offre du côté de Novgorod en Russie où il est… assez décevant il faut bien l’avouer : 5pts à 39% et 2 passes en championnat pour 13mn seulement. En Eurocup, 6pts, 3 rebonds en 14mn.  En NCAA, Paul était le « go to guy » d’Illinois et il affichait 17 points, 4 rebonds et 3 passes pour sa 3e année mais à seulement 40% aux tirs. Ils étaient tombés au « third round » face à Miami l’an dernier, au cours de la March Madness.

Prédiction : Il ne sera pas conservé en Russie mais trouvera preneur à un bon prix (pour le club) dans un autre championnat européen. Avec un an de plus et un meilleur apprentissage du jeu européen, il peut devenir un joueur à la « Brion Rush » que l’on a vu, avec succès en France notamment du côté de Strasbourg. Un joueur à qui il faut donner les rênes de son équipe en attaque.

 

En NBA mais peut-être pas pour longtemps :

Jeff WHITEY (Kansas)

Jeff WitheyBattus par Michigan au « Sweet 16 », Kansas était pourtant le favori du « South Regional » et notamment grâce à son pivot. Ah le fameux lot des stars universitaires qui deviennent des illustres « benchers » NBA ! Drafté au second tour, la tige de 2m13 détient toujours le record du nombre de contres en une saison pour la conférence « Big 12 » avec 140 bâches ! Sa moyenne pour sa saison Senior à Kansas ? 14 points, 9 rebonds and 4 blocks (bordel). Pour faire quoi dans la grande ligue ? Drafté par Portland, envoyé à New Orleans il est à 2 points et 2 rebonds en 10 minutes malgré la cascade de blessure du coté des Pelicans.

Prédiction : Un manque de puissance, un coté un peu « soft » qui le condamne à gagner un gros salaire pour se prendre des coups et se prendre des dunks sur la tête pour les 10 prochaines années. Oui, il y a mieux mais après avoir lu les profils de tous ces collègues de l’an dernier, il y a pire non ?

Shane LARKIN (Miami)

Shane LarkinEn deux années du côté de Miami, le petit meneur a réussi à faire son trou ! On l’a vu avec ses ex-collègues Kadji et Gamble, Miami n’a pas brillé au cours de la March Madness mais avec 14 points (48%), 4 rebonds et 5 passes il a réussi à s’offrir une place dans le roster des Dallas Mavericks. On attendait quand même mieux que 3 points et un rebond pour un 18e tour de draft, mais derrière Calderon et Ellis difficile de se faire sa place.

Prédiction : Un transfert vers un effectif moins peuplé sur les lignes extérieures et on imagine Larkin enfin « exister » en NBA. S’il reste du côté de Dallas, il faudra multiplier les poupées vaudoo pour que Calderon se brise et qu’il puisse avoir du temps de jeu. Sinon… Europe ? NBDL ? Chine ?

 

En NBA pour durer…

Victor OLADIPO (Indiana)

Pas la peine de s’éterniser ! Tout le monde l’a vu. Le jeune homme est doué et ne peut que s’améliorer. Celui qui jouait « 3 » à Indiana se retrouve même parfois au Poste 1 sans dégâts.

Prédiction : 1 futur « All Star Gamer »

Tim HARDAWAY Jr (Michigan)

Tim Hardaway JrOui, il m’a tapé dans l’œil, oui j’adorais son père, oui j’adore Michigan mais honnêtement jamais j’aurais parié qu’il puisse autant briller en NBA. Déjà, avec l’effectif des Knicks au début de saison, voir le parquet était déjà un exploit vu que Carmelo, J.R. et Metta World Peace n’étaient pas censé lui laisser beaucoup de place sur les ailes.

Prédiction : Il est entrain de faire son trou et devrait devenir un bon joueur NBA pour équipe luttant pour les derniers tickets pour les play-offs voir fond de classement. On le voit mal, malgré tout, devenir une rotation majeure d’une grosse équipe mais qui sait !

Kelly OLYNIK (Gonzaga)

On l’attendait avec Gonzaga pour la March Madness 2013 et il s’est « gauffré » lamentablement (défaite contre Wichita State au 3e tour) après une saison régulière impressionnante (18 points et 7 rebonds). On ne l’attendait pas cette saison malgré une 13e place flatteuse pour la Draft 2013. Au sein des Boston Celtics, il commence à faire des grosses stats et il parvient à exister avec 8 points et 5 rebonds (même 12 points et 6 rebonds pour les 10 derniers matchs).

Prédiction : Il peut devenir « starter » dans une équipe des Celtics revigorés l’an prochain. On prend le pari !

Cody ZELLER (Indiana)

Cody ZellerOn vous voit arriver ! Drafté très très haut (4e) et affichant seulement 6 points et 4 rebonds, on aurait du le mettre dans les flops ? Les Bobcats avec Al Jefferson, Biyombo et Mc Roberts utilisent Zeller avec parcimonie (17 minutes). Battus en « Sweet 16 » face à Syracuse, brisant une bonne majorité de « Brackets », il ne faut pas oublier qu’il pesait 16 points (62%) et 8 rebonds

Prédiction : Une fois que les Bobcats (qui seront redevenus Hornets) auront fini d’engraisser la grande tige, on imagine que le bagage technique de Cody en fera une vraie arme en NBA.

Michael CARTER-WILLIAMS (Syracuse)

Un peu à l’image d’Hardaway Jr, jamais de la vie on aurait misé sur une telle réussite pour le filiforme meneur de Syracuse. Il est tombé dans la bonne équipe (Philadelphia) au bon moment (tanking) et il faudra attendre réellement l’an prochain pour voir ce qu’il a dans le ventre même si, avant que les dirigeants des Sixers décident de mettre fin à leur saison en transférant Evan Turner et Spencer Hawes, on a pu voir tout le talent de MCW qui avait amené Syracuse jusqu’au Final Four, battus par Michigan.

Prédiction : Carrière à la Shaun Livingston. Oui on ose. Vous pouvez m’insulter. Je le vois bien briller jeune avant que sa frêle carcasse ne se heurte un peu trop souvent aux coudes, muscles, protections des panneaux et parquets NBA.

Par Nicolas Mathieu

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